Arima Onsen : ryokan à l’ancienne et sources chaudes

1h30 de car plus tard, nous voici à Arima Onsen, au cœur des montagnes japonaises, dans l’une des plus anciennes stations thermales du Japon.

La légende raconte que le 36eme empereur du Japon, n’ayant pas d’héritier, vint se baigner dans les sources chaudes d’Arima et engendra par la suite un fils qu’il nomma prince Arima.

Ici le dépaysement est total, la ville est un entrelacs de ruelles étroites bordées de boutiques en bois ancien dans lesquelles on peut découvrir des galettes locales, boire un verre de cidre fabriqué sur place (qui ressemble à de la limonade), tester des jouets en bois, visiter un petit temple ou un mini sanctuaire, se tremper les pieds dans une source chaude, acheter un souvenir ou une amulette en forme de chat, et la liste est non exhaustive…

Les japonais aiment ce qui est français, synonyme de chic et de raffinement, mais la traduction est parfois un peu confuse…

On se ballade donc au gré de nos envies en regardant couler sous nos pieds la rivière d’eau chaude, canalisée par des tubes et autres déviations qui emmènent l’eau brûlante vers les Onsen des ryokan.

Mais qu’est-ce qu’un Onsen et qu’est-ce qu’un ryokan?

Un ryokan est une auberge japonaise traditionnelle, c’est à dire que l’on y est plongé comme à l’époque du Japon féodal, aux alentours des années 1850.

La première chose en arrivant est d’enlever ses chaussures et de porter à la place des espèces de chaussons-savates. Une fois les chaussons aux pieds, une jeune femme en kimono traditionnel nous montre le chemin jusqu’à notre chambre. Elle marche très très lentement, mais c’est normal, les consignes sont : pas de bruit, des déplacements légers et délicats, un hochement de tête à chaque passage de convive, bref une douceur et un calme nippon à l’ancienne.

Nous arrivons dans notre chambre, la jeune femme ouvre les cloisons en papier de riz et nous nous déchaussons à nouveau pour monter sur le tatami. Cette fois-ci, nous sommes pieds nus et nous revêtons des kimonos légers, très agréables à porter, blanc pour les hommes, bleu marine pour les femmes.

Attention, si vous comptez aller aux toilettes, il faudra enfiler des mules spéciales en plastiques prévues à l’entrée de la salle de bains. Et gare à vous si vous oubliez de les retirer en sortant des toilettes, vous devez impérativement changer de chaussons car ce n’est pas hygiénique !

Bizarrement, dans la chambre, pas de lit, juste 2 chaises sans pieds posées à même le sol et une grande table basse.

On part explorer les Onsen de notre ryokan, qui sont des sources chaudes intégrées directement dans l’auberge. Ici aussi tout un rituel est prévu. Pour commencer, les hommes et les femmes sont séparés, chacun rejoint son vestiaire.

Dans le vestiaire, on quitte les chaussons mais aussi tous ses vêtements. Je relis plusieurs fois la marche à suivre, car j’étais venue dans l’idée de me mettre en maillot de bain, mais en voyant les autres femmes en tenue d’Adam (enfin d’Eve), et sans aucune pudeur, je n’ai pas le choix. Je passe ensuite dans une seconde salle où il est coutume de se laver, assis sur un petit tabouret en bois, en mettant de l’eau dans une bassine avec du savon et en se rinçant ainsi plusieurs fois.

Ce nettoyage effectué, il faut à présent passer dans un bain à remous très chaud, qui fini le rituel d’assainissement du corps. On est donc fin près pour entrer dans la source chaude. Elle débute en pente douce, de l’eau jusqu’aux chevilles seulement, mais il faut s’y habituer : l’eau est à 42 degrés, c’est extrêmement chaud ! Après quelques picotements, j’avance le long de la pente rocheuse, et l’eau monte de plus en plus. Ça pique, ça brûle, c’est assez désagréable, et puis au final, on ne sent plus vraiment son corps, et quand le niveau de l’eau arrive au dessus de mes épaules, j’ai rejoins le bassin principal où je peux voir Fred dans le même état de souffrance que moi. Il est passé par le même rituel, mais côté homme. Le bassin principal est séparé en 2, mais on peut se voir grâce à un trou dans la roche à hauteur d’yeux.

L’eau est ferrugineuse, donc totalement orange et trouble. Elle est gorgée de fer et d’autres minéraux très bénéfiques pour la peau. La source vient de la roche, les bassins sont donc entièrement en pierre rocheuse noire et avec des « couloirs » en bois de bambou. Attention cependant à ne pas y rester plus de 10mn sous peine d’y fondre complètement… mais honnêtement je ne suis pas sure d’y être restée vraiment plus de 5mn 🥵

L’expérience est finalement appréciable, car l’après baignade est absolument délicieux. Tout le corps flotte dans une douce torpeur, débarrassé de tous ses maux.

18h, il est grand temps d’aller dîner, car les japonais mangent très tôt sont calés sur le soleil qui se lève tôt et se couche tôt (4h-18h à peu près). Nous avons revêtu à nouveau nos kimonos et passons à table pour un dîner traditionnel japonais d’il y a 2 siècles.

Au menu, toutes sortes de mini bouchées présentées dans des bentos, ces petites boites en bois qui se superposent : il y a du poisson, du riz, du radis, des algues, des pickles de toutes sortes de légumes, des crevettes, plusieurs sortes de purées non identifiées, des soupes, différents morceaux de poisson frits, de l’ail (beaucoup d’ail), et du bœuf de Kobe bien évidement !

C’était extrêmement copieux, extrêmement différent de ce qu’on peut trouver en France qui ressemble à un repas japonais, et au final, c’était une expérience autant culturelle que gustative.

Le soir, on est attiré dans la rue par de la musique et des danses et on voit avec plaisir les geishas tourner au son de la voix grinçante d’un vieil homme juché sur une sorte de char…

Typique et étrange, l’ambiance est plutôt conviviale, les boutiques sont encore ouvertes et les gens font des barbecues dans la rue, on sent l’odeur des brochettes de poulet et des fruits de mer mélangée à celle des galettes locales et de la bière.

Les japonais s’affairent autour des sources chaudes, un peu à la manière d’une fête foraine, il y a des stands partout, des lampions et de la musique.

Gênés d’être les seuls touristes en kimonos, on regagne rapidement nôtre ryokan. Dans la chambre, à la place de la table et des chaises, ont été dressés 2 matelas sur des futons. Voilà enfin le lit qu’on cherchait !

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