Moorea par la terre

Moorea c’est la jolie petite île en face de Tahiti. On m’avait dit que c’était encore plus beau que Tahiti et j’avais vraiment du mal à y croire mais c’est vraiment incroyablement sublime…

On va de Papeete (la capitale de Tahiti) à Moorea en ferry pendant 1/2h. Arrivés la bas, on loue des quads pour découvrir l’intérieur de l’île.

Montagnes et anciens volcans recouverts de végétation, cratère de terre rouge, champs d’ananas a perte de vue, panorama sur le lagon et la barriere de corail, les paysages sont à couper le souffle…

Ça sent encore le ceviche cette histoire!

Tahiti Iti

Tahiti se découpe en 2 parties : Tahiti Nui la partie la plus grande ou il y a Papeete et Tahiti Iti, une plus petite partie en presqu’île au sud.

On longe la côte jusqu’à Tehuapoo, une plage de sable noir, spot réputé des surfeurs, car au large au niveau de la barrière de corail, les vagues sont énormes. Surfeurs expérimentés uniquement, car il y a très peu de fond et beaucoup de corail.

Un bateau taxi nous amène voir la fameuse vague et on s’en approche très près!

La petite guerite des juges lorsqu’il y a des compétitions de surf!

Ia orana Tahiti !

C est parti pour le vol le plus cool de la terre Île de Pâques > Tahiti 😊

Nous sommes au point le plus éloigné de chez nous, à l’opposé total de Paris avec 12h de décalage horaire (ma maman m’appelle donc du futur) mais aussi au milieu de notre périple. Un mois et demi de voyage commun et on n’en a même pas marre…

6h d’avion plus tard nous arrivons à l’hôtel Intercontinental, sublime hôtel au bord du lagon et face à l’île de Moorea.

Tout est magnifique, la température, la mer, le ciel, la chambre… On est la pour 9 jours et on va en profiter!!!

Au fait ia orana ça veut dire bonjour en polynésien 😃

Ce n’est pas un mythe, on nous accueille à l’aéroport avec une danse tahitienne.

La vue époustouflante de notre chambre…

Eh oui encore du poisson!

Au revoir Rapa Nui…

La fin de cette aventure de 3 jours arrive vite, mais le tour de l’île est déjà fait 3 fois et le climat humide et frais nous pousse vers celui plus clément d’une autre île plus à l’ouest…

Encore quelques balades avec les moaïs avant de les laisser à leur solitude millénaire.

Le site de Ahu A Kivi et ses 7 moaïs, les seuls qui regardent face à la mer.

Ahu Akapu

Grottes les pieds dans l’eau

Le mystère se poursuit dans les grottes de l’île. Cachettes privilégiées des politiciens recherchés dans les années 70 au moment où l’île de Pâques et le Chili n’était pas en très bons termes, les grottes naturelles de lave sont très nombreuses tout autour de l’île notamment celles de Ana Te Pora, Ana Te Kakenga et Ana Te Pahu.

Et c’est Ugo qui nous fait la visite, lui qui a grandit ici et qui se cachait dans les grottes pour pêcher ou fumer de l’herbe avec ses cousins…

On visite 2 grottes, la première ou il faut se faufiler par un minuscule trou débouche à flanc de falaise avec la mer qui s’écrase en contrebas (Ana Kakenga).

La seconde est bien plus impressionnante. Ana Te Pahu est une grotte qui s’étend sur plusieurs kilomètres, à l’entrée on peut voir un arbre géant qui a poussé à l’intérieur et un petroglyphe de dauphin.

On avance dans le noir total dans un dédale de chemins, on a de l’eau jusqu’aux genoux et on ne sait pas trop dans quoi on marche…

Les 15 moaïs

Le plus grand ahu de l’île accueille 15 moaïs, juste en bas de la carrière sur l’Ahu Tongariki.

Les moaïs étaient taillés directement dans la roche, face vers le ciel. Une fois la face avant taillée, on creusait sous le moaï, puis on le faisait basculer en avant à l’aide de cordes et de poulies, pour caler sa base dans un trou afin de graver et peindre le dos.

Il était ensuite transporté allongé sur le dos sur des rondins de bois jusqu’à son ahu où on le redressait à nouveau pour lui poser son petit chapeau rouge sur la tête.

Souvent, le moaï se cassait au niveau du cou pendant ces manipulations. Il perdait alors son mana (son pouvoir) et était abandonné.

Les Rapa Nui ont eu la folie des grandeurs et ont voulu construire des moaïs de plus en plus grands (le plus grand mesure 20m et il est encore dans la roche, dans la carrière). Ils devenaient intransportables. C’est probablement en partie à cause de cela que leurs ressources se sont amenuisées jusqu’à déclencher des guerres au sein de leur communauté.

Devant l’ahu, un moaï solitaire nous accueille. C’est le moaï voyageur, nommé ainsi car il a été emporté par des archéologues suédois, exposé pendant plusieurs années dans différents musées à travers le monde, puis restitué à son île il y a une quarantaine d’années.

En tout cas cet ahu magnifique (restauré par des archéologues japonais) et hors du temps impose respect et silence. La montagne autour, la mer derrière en font un lieu qui laisse bouche bée.

Un seul a pu conserver son petit chapeau rouge. Les autres chapeaux, en trop mauvais état, reposent sur le côté, impossible à stabiliser sur les têtes déjà érodées.

Devant les 15 moaïs, un 16ème est allongé au sol. Peut être était-il aussi sur le ahu?

Anakena, sable blanc et moaïs chapeautés

Tout au Nord de l’île de Pâques, une des seules plages de sable blanc est la plage d’Anakena.

L’endroit est magnifique, d’autant qu’un ahu avec des moaïs très bien conservés se dresse devant la plage.

Tombés eux aussi la tête la première, ils ont été préservés de l’érosion par le sable, contrairement à leurs cousins tombés dans la terre ou à même la roche.

ORongo et le volcan Rano Kau

ORongo est le berceau du culte de l’homme oiseau. Depuis le haut du volcan Rano Kau dont le cratere est éteint et rempli d’eau douce, les prêtres de ce culte pouvaient observer les hommes se précipiter sur le rocher en face à la nage (motu Iti et motu Nui), à la recherche du premier œuf de frégate de la saison, afin de le ramener sur l’île et d’être nommé chef du village.

ORongo est donc le village installé en haut du volcan sur lequel se réunissait chaque année les représentants du culte de l’homme oiseau. Ils s’étaient créé de petites maisons en pierres à flanc de colline pour observer la compétition.

Une fois le vainqueur revenu avec l’oeuf, ils organisaient de grandes fêtes et gravaient les pierres de symboles sacrés.

L’île des oeufs de frégate : Motu Iti (le petit) et Motu Nui (le plus grand plus loin). Motu signifie îlot.

Le moaï qui te regardait

Mon préféré de l’île c’est le seul moaï qui a encore ses yeux, son regard est saisissant…

Il faut savoir que tous les moaïs de l’île ont été un jour renversés, ce sont des archéologues qui les ont redressés pour qu’on se rendent compte de l’envergure de ce culte. Certains moaïs sont encore à terre et subissent les dommages du temps et de l’érosion.

Un seul moaï a donc gardé ses yeux c’est celui de Ahu Akapu sur le site de Tahai qui regroupe 3 ahu.

Autour de lui, d’autres ahu présentent différents moaïs aux orbites vides.

Tous les moaïs ont le dos gravé. Cela se voit plus ou moins en fonction de l’érosion subie, mais ils ont tous un jour été peints de couleurs vives. Ces dessins ressemblent à des tatouages polynésiens, et représente différents boucles et entrelacs très symétriques.

Ce petit truc que vous voyez sur sa tête, c’est son chapeau ou ses cheveux en chignon. Ils sont rouges car la pierre utilisée est issue d’un autre volcan que celui du corps, qui lui vient de la carrière de moaïs, et est principalement constitué de basalte.

Le chapeau est donc constitué plutôt de roche à forte teneur en cuivre ce qui lui donne cette couleur, et aussi à la terre sur une partie de l’île.

La carrière des moaïs

C’est un lieu impressionnant et mystique… sur les flancs du volcan Rano Raraku, la carrière de production des moaïs paraît abandonnée, comme si le peuple Rapa Nui avait déserté les lieux en quelques secondes laissant en plan le travail accompli.

Les archéologues ont du mal à identifier la cause de l’abandon de cet endroit. Une possibilité est que le culte de l’homme oiseau a pris le pas sur le culte des anciens, remplaçant du jour au lendemain la construction des moaïs par les gravures sur la roche.

Une autre option est que les Rapa Nui, lassés d’enchaîner les problèmes et de ne pas trouver de réconfort dans le culte des anciens, auraient d’eux mêmes tourné le dos aux moaïs du jour au lendemain.

Ou bien, les ressources en bois s’amenuisant, il devenait impossible de transporter les colosses de plus en plus grands et lourds sur des rondins de bois, et les Rapa Nui auraient privilégié l’utilisation du bois pour autre chose plus utile.

Ou peut être les 3 à la fois…

Les glissements de terrain et l’érosion ont achevé le travail, déplaçant, inclinant, renversant les statues, un peu comme si une pluie de moaïs était tombée du ciel…

Le seul moaï de l’île qui a des jambes se trouve tout en haut de la carrière.

Délire de l’artiste ou culte inconnu, on n’en sait pas plus sur cette différence…

L’intérieur du cratère du volcan Rano Raranu est plutôt constitué de roche rouge, avec un lac d’eau douce en son centre.

De nombreux chevaux se baladent sur l’île en toute liberté. Ils ne sont pas sauvages, mais leurs propriétaires se disent qu’ils ne peuvent pas aller bien loin…