Le lac Tekapo ou le lac pour lequel on dirait que tu as saturé les couleurs alors que non

Sur la route entre Mount Cook Village et Christchurch (encore 5h environ), nous nous arrêtons en haut de l’observatoire du mont John pour admirer une vue à 360° sur les montagnes alentour et surtout l’incroyable couleur turquoise du lac Tekapo.

C’est une palette de couleurs saturées qui s’offre à nous : la couleur bleue hypnotique du lac dans lequel se reflètent les nuages blancs, les plaines désertes et sauvages ocres, jaunes et rouges et les glaciers blancs et noirs.

Le lac doit son nom au maori taka pour tapis et po, la nuit. On imagine bien quel spectacle extraordinaire ce doit être de nuit…

Le Mont Cook

Le seul endroit qui ne nous aura pas livré toute sa splendeur est le mont Cook, qui restera malheureusement caché dans les nuages pendant les 2 jours où nous logerons à ses pieds.

Mount Cook Village est un joli petit hameau qui ressemble un peu à une mini station de ski avec ses chalets et ses restaurants. Il nous faut quand même presque 6h depuis le glacier Franz Josef pour l’atteindre alors qu’à vol d’oiseau c’est la montagne juste derrière. Il nous faudra donc contourner les Southern Alps sur des routes aux paysages grandioses.

La seule chose à faire pendant ces jours de pluie intensive, et à défaut d’apercevoir la plus haute montagne de Nouvelle Zélande qui culmine à 3724m, c’est se rendre au centre Sir Edmond Hillary et en apprendre un peu plus sur l’histoire de la région au travers de divers petits films.

C’est donc Edmond Hillary qui a conquis le mont Cook et qui a été le premier homme en haut de l’Everest en 1953, son histoire est retracée dans un petit musée et on peut le voir aussi sur les billets de 5$.

Dans la mythologie polynésienne, les maoris baptisèrent le mont Cook Aoraki (le perceur de nuages), il est le plus puissant des fils du ciel (Raki) qui descendit embrasser sa mère (Papa).

On the road again again

Les routes de l’île du Sud sont aussi fabuleuses que celles de l’île du Nord.

Voici la carte de nos trajets en voiture ainsi qu’un petit aperçu en images des paysages…

Sur l’autoroute des glaciers, nous assistons à un spectacle stupéfiant entre mer, lac et montagnes, ensemble, par deux ou séparément. Les paysages entre Abel Tasman National Park et Franz Josef Glacier sont à couper le souffle…

Incroyable glacier Franz Josef

Nous quittons les pancakes rocks pour le petit village de Franz Josef Glacier. Ce modeste village de 330 habitants est situé au pied du glacier du même nom, et l’observation d’un tel site à si basse altitude est très rare dans le monde.

Le glacier, long de 12km, est accessible par hélicoptère pour en capter toute sa splendeur. Le vol dure 5mn mais il est unique, on survole la rivière issue du glacier, les plaines recouvertes de bush puis les roches noires et enfin des blocs énormes de glace de plus de 3m de haut.

On y fera une randonnée de 3h avec tout l’attirail (crampons aux pieds, bottes de rando de montagne, pantalon et manteau imperméables, bonnet, gants et bâton de marche).

Le glacier est vivant, chaque année il avance vers l’aval et sa glace fond générant des rivières qui se déversent directement dans la mer à quelques kilomètres de là. La glace bleue est fraîche et neuve, et emprisonne de l’air d’où sa couleur. Quand elle devient blanche c’est qu’il y a plus d’air que d’eau et ça devient de la neige, elle est alors plus ancienne et plus instable.

On découvre des crevasses d’un bleu très pur, et le guide est très atyentif à où l’on met nos pieds, on passe par de minuscules passages à genoux avec plusieurs tonnes de glace au dessus de nos têtes. Partout des blocs de pierre immenses se dressent entre la glace, certains de plus de 400m!

C’est très impressionnant, l’air est vif et pur, le soleil tape comme à la montagne se reflétant dans les centaines de blocs bleus et blancs, c’est un moment rare de pure nature sauvage.

Notre guide, la pioche à la main 😃

Pancakes rocks

Sur l’autoroute des glaciers (oui c’est son vrai nom), nous faisons une pause aux Pancakes rocks.

Ces roches calcaires, usées par le temps et la mer, ressemblent en effet à des piles de galettes superposées. C’est en fait un assemblage de sédiments en tous genres qui a créé des formes étranges, accentuées par l’érosion.

Ici les éléments sont déchaînés, la mer envoie ses vagues se fracasser contre les rochers et entrer dans des trous géants où bouillonne une eau sombre peu engageante. On peut voir à certains moments des geysers d’eau soufflés par la pression remonter entre les roches… impressionnant…

Dans le bush…

Abel Tasman National Park c’est aussi le bush sauvage. On décide de partir randonner entre torrent bay et barke bay.

La nature est luxuriante, exubérante, sauvage, les plages sont immenses, immaculées, nous sommes presque seuls au monde (on est en hiver donc ce n’est pas la saison touristique) dans une jungle tropicale traversée par quelques ponts suspendus…

Rencontre avec des bébés phoques à Abel Tasman National Park

Nous nous arrêtons à Marahau, dernier village de 300 âmes avant le parc, où nous sommes accueillis chez Ben et Lisa, un couple d’allemands qui a tout plaqué pour venir vivre au plus proche de la nature.

Et on peut dire qu’ils ont donné tout leur sens au mot hospitalité, nous sommes reçus comme des amis, avec petits déjeuners et dîners delicieux tous ensemble (avec un couple de canadiens). C’est le moment de tester notre anglais!

Nous partons ensuite explorer Abel Tasman National Park, le plus petit des 14 parcs de Nouvelle Zélande. Ouvert en 1942, il couvre 22350 hectares et longe la côte.

Nous partons en kayak pour la journée, et c’est sur l’île d’Adele que nous croisons plusieurs phoques posés sur les rochers. Et surtout un petit groupe d’une dizaine de bébés phoques nous tournent autour et jouent avec le kayak. Il y en a même un qui monte dessus!

C’est un moment magique et intense, on est totalement seuls avec la nature et sa faune.

Les oiseaux tout autour de nous poussent des cris qu’on n’a jamais entendu, on voit des hérons, des cormorans, des fous, des tuis (petits oiseaux noirs avec une plume blanche sur le torse et un cri très specifique) et des oyster catchers (noirs avec un long bec et des yeux rouges).

Au milieu des fjords

Nous quittons l’île du Nord pour rejoindre celle du Sud, de Wellington à Picton par le détroit de Cook.

3h de traversée grandiose au milieu des fjords dans un énorme ferry.

Nous arrivons à Picton où nous passerons un nuit avant de récupérer la voiture pour la suite de notre road trip, sur l’île de Jade, la mystérieuse Île du sud…

Wellington ❤

Après toutes ces activités, et 5 nuits passées entre camping sauvage et vidanges intempestives, il est temps d’abandonner notre ami camping car dont on sera devenus des pros au bout du compte…

Nous voici à Welligton, capitale économique du pays. Tout le monde hésite entre Auckland et Welligton, pour nous y’a pas photo c’est Welligton! La ville est majestueuse, grande, propre, il y fait bon, le port est très joli, la nourriture y est exquise et on s’y sent bien.

On file au musée Te Papa, un musée immense et gratuit où les expos sont sublimes et retracent autant les batailles de la 1ere guerre mondiale, que la culture maorie, que là et contemporain du pays.

A voir sans modération!

Rotorua : geysers, boue et fumée (et lacs fluos)

« Mais c’est quoi cette odeur d’oeuf pourri? »

« Me dis pas que c’est les toilettes du camping car qui refoulent… »

(Ça nous est arrivé et faire la vidange à minuit sous la pluie ça renforce un couple 😁)

Non non, nous sommes juste arrivés à Rotorua, dans la Bay of Plenty, une ville à la forte activité géothermique dont chaque petite fumerole sent très fort le soufre.

Et de la fumée il y en a…

C’est ici qu’on se rend compte vraiment que la Nouvelle Zélande est placée à cheval sur les plaques tectoniques Australienne et du Pacifique. Cette dernière passe sous la plaque Australienne à une vitesse de 4cm par an, ce qui génère énormément d’activité dans le sol.

On verra donc des piscines de boue qui glougloutent et peuvent atteindre les 90 degrés.

Le geyser Pohutu s’élève à plus de 30m au dessus du sol.

Et sinon des trous fument de partout. On peut reconnaître leurs composition grâce à leurs couleurs, parfois une véritable palette d’artiste (jaune, rouge, violet, bleu ou vert).

La Champagne pool est une immense piscine où on retrouve justement toutes ces couleurs. L’eau peut attendre 300 degrés en sortant à cause de la pression intérieure, puis elle redescend entre 60 et 90 degrés au contact de l’air.

La végétation n’est pas épargnée par cette activité, et une algue se développe sur les arbres se nourrissant de la chlorophylle et la transformant en cette matière orange presque lumineuse.

Ici il fait froid et le temps est capricieux avec toute cette vapeur d’eau.

Ce lac n’est pas rempli de kryptonite ou de produits chimiques, c’est juste une accumulation de soufre qui le rend extrêmement acide et fluo du coup… bon on s’y baignerait pas non plus puisqu’il s’appelle le bain du diable…

Non loin de là, il y a les Huka falls, impressionnantes chutes d’eau de 11m de haut et 15 de large, au débit très élevé. Elles font partie du fleuve Waikapo, qui se jette dans le lac Taupo.

Je n’ai pas de photos de ce moment là, mais nous iront ensuite tester les sources chaudes directement dans le polynesian SPA, un endroit aménagé qui utilise l’eau chauffée naturellement. On commencera par la piscine à 36 degrés pour finir dans celle à 42 en 5 étapes. Et on essayera aussi la piscine acide au soufre (bien moins jaune que la piscine du diable heureusement) qui serait apparemment une cure de rajeunissement. Vous n’allez pas nous reconnaître en rentrant 😉