Yasawa Islands : vivre dans une carte postale

L’archipel des Yasawa est situé au nord de Viti Levu. Composé d’une vingtaine d’îles et d’une surface totale de 135m2, ces morceaux de terre sont d’une beauté impressionnante. Verdoyantes et débordantes de vie animale et végétale, ces îles sont le terrain de jeux des botanistes et des géologues, mais aussi des réalisateurs de film, comme Seul au monde avec Tom Hanks, ou de séries télévisées comme Survivor ou Koh Lanta.

4h de ferry seront nécessaire pour se rendre sur notre île pour 3 jours, car il faut bien en choisir une, et c’est celle de Naukakuvu, renommée Paradise Cove.

Elle porte bien son nom : imaginez débarquer dans une carte postale et y rester 3 jours. Vraiment.

Ces 3 jours seront pour moi parmi les plus beaux des vacances. Au programme : longues ballades sur le sable blanc, farniente dans un hamac sous un cocotier ou dans le grand lit balançoire face à la mer, baignades (mer ou piscine ?)…

On fera plusieurs sessions de snorkeling, et notamment une mémorable pour aller voir les grandes raies mantas. Ces sublimes poissons de la famille des requins peuvent atteindre jusqu’à 7 m d’envergure.

Leur ballet est époustouflant : à plus de 10m de profondeur, je vois 4 raies immenses danser littéralement sous l’eau. Elles tournent sur elles-mêmes, gueules ouvertes pour capturer le plus de zooplancton possible. De face, elles sont impressionnantes, car leurs bouches pourraient gober sans aucun problème vos jambes entières, mais elles ne sont pas du tout agressives et nagent au milieu de nous et des poissons anges, qu’on reconnaît à leur façon de se déboîter la mâchoire pour avaler le plus de planton possible.

Prise au milieu d’un banc d’un millier de ces poissons argentés qui brillent comme des lames, je vois une raie tachetée tourbillonner à 2m de moi. La nature et sa faune m’émerveillera toujours. (la photo n’est pas de moi, mais je n’ai pas pu emmener mon iPhone dans l’eau…)

Le soir, on monte regarder le coucher du soleil sur la mer. Il n’y a personne, tout est calme, on est seuls au monde. En redescendant de la petite colline qui nous offre la meilleure vue sur l’île, on mange du kokoda (une sorte de ceviche préparé avec du Walu, un poisson blanc mariné avec du lait de coco, du citron vert, du poivron et des oignons et servi dans une noix de coco fraîche), on va boire du kava avec les fidjiens qui nous chantent des chansons d’amour pendant qu’on regardent les étoiles briller dans le ciel sans nuage, bercés par le bruit du vent dans les feuilles de palmier et des vagues sur le sable.

On est au bout du monde, et on y est bien.

Jolie Momi Bay

Nous commençons notre séjour à Momi Bay, à une vingtaine de kilomètres au sud de Nadi.

Base de l’activité militaire des Fidji pendant la seconde guerre mondiale, les Néo-zélandais y construisirent 2 canons pour protéger l’île contre les Japonais.

Aujourd’hui, et après plus de 10 ans de controverses immobilières, d’abandon du terrain par les entrepreneurs, de reprise par les autorités, l’hôtel Marriott y a construit un lagon inauguré en 2016 après 13 ans de travaux.

L’endroit est paradisiaque.

Les « buré », petites maisons traditionnelles au toit en palmes de cocotier, s’alignent sur une plage de sable blanc, entourée de toutes sortes de plantes tropicales, palmiers, buissons remplis d’hibiscus rouges vifs et feuilles géantes d’un vert profond.

Après un repos bien mérité, on testera quelques activités nautiques : le parasailing notamment, qui est une sorte de grand parachute accroché derrière un bateau. Et nous bien sûr, on est assis côte à côte tout en haut, sous le parachute, à 80m de haut (je vous assure que ça fait peur) et à 150m du bateau. L’atterrissage est d’ailleurs impressionnant, puisque le bateau nous ramène doucement, mais il ne faut pas manquer la cible à l’arrière sous peine de finir dans l’eau (et surtout sous la voile, donc pas top)…

On part aussi en safari jet ski, pour faire du snorkeling, aller voir la barrière de corail, taquiner les vagues, et foncer sous les branches de la mangrove qui pousse le long du rivage.

Les poissons sont nombreux et magnifiques, comme les coraux, aux couleurs vives et rares : orange, bleu, violet et jaune ressortent en premier, poissons perroquet, poisson ange et poissons clown surveillent leurs anémones. Une murène passe, sa gueule prognathe à l’affût, derrière un banc de centaine de mini poissons bleu cobalt…

On en profitera également pour voir des couchers de soleil à couper le souffle…

Bula Fidji !

Après 9h de vol et un survol à couper le souffle des atolls de l’océan Pacifique, nous voici arrivés à Nadi, aux Fidji.

Cette ancienne colonie britannique offre une diversité de plus de 300 îles avec seulement 915000 d’habitants, ce qui en fait un pays calme, où il fait bon vivre et où de nombreux endroits restent encore à découvrir (des dizaines d’îles sont encore inhabitées).

Nous atterrissons sur la plus grande d’entre elles, Viti Levu (la Grande Viti, Viti étant le nom originaire des Fidji), d’une surface de plus de 10000m2, où s’étendent champs de canne à sucre, forêts tropicales et plages de sable fin.

La capitale administrative est Suva, mais la capitale touristique reste Nadi, dont la position centrale donne accès à la barrière de corail et aux îles Mamanuca et Yasawa dont je parlerais un peu plus tard.

Nadi est une petite ville dépaysante, on visitera son centre ville et son marché immense, dont une partie est réservée aux femmes, qui vendent une multitude de magnifiques légumes. On évitera le marché poissonnier qui étale ses coquillages au soleil et propose de les goûter, et on ira directement voir le marché de kava.

Connaissez-vous le kava? Au marché, cette plante se présente sous forme de racine sèche et tortueuse, issue d’un arbuste de la famille des poivriers, mais une fois préparée, elle revêt une toute autre signification. La racine est pilée, versée dans un petit sac en tissu et mélangée avec de l’eau dans un récipient spécial qui ressemble à une bassine en bois avec des pieds, souvent décorée de jolis motifs géométriques.

C’est bien plus qu’une boisson ou une coutume, c’est un lien social, et tous, absolument tous les fidjiens en boivent régulièrement. Une fois le mélange préparé, qui n’est pas très ragoûtant car il ressemble à de la boue très liquide, mais le cérémonial est engagé : le fidjien qui prépare la boisson vous intime de vous assoir en cercle autour de la bassine et attrape une demie noix de coco évidée, il vous la tend en lançant un tonitruant « Bula » qui signifie « bienvenue, bonjour » et qui est employé tout le temps par tout le monde. Ce à quoi vous répondez « Bula » (prononcez « mbula ») et claquez 1 fois dans vos mains. Vous prenez le bol en coco, et là, pas de rechignerie, on boit cul sec sans se poser de question.

Ça a le goût de terre, d’humus et de bois, ça pique un peu la langue. Vous rendez le bol en disant « Vinaka » ce qui signifie « merci » et tapez 3 fois dans vos mains. Le bol passe ensuite à votre voisin de gauche, et vous commencez à vous sentir plus détendu, votre langue d’anesthésie doucement et vos yeux se ferment à moitié.

Voilà l’effet du kava, qui n’est pourtant ni une drogue, ni alcoolisé, et qui a fait polémique de nombreuses années dans les pays occidentaux. Malgré toutes les études, on n’a jamais trouvé un seul effet secondaire grave à la prise de kava, mais on a constaté son coté relaxant, anesthésiant et soporifique. Les fidjiens nous ont même dit : c’est mieux que de l’alcool, pas de cuite le lendemain, par contre on a du mal à se réveiller 😊

En tout cas l’accueil est chaleureux, les fidjiens (60% de polynésiens et 40% d’indiens arrivés aux Fidji depuis environ 1000 ans) sont extrêmement gentils et curieux de connaître tout de vous. Bula et Vinaka seront donc nos maîtres mots tout au long du séjour !

Anecdotes japonaises avant d’atterrir aux Fidji

C’est un long voyage qui nous attend depuis Arima jusqu’aux Fidji : 1h30 de car pour rejoindre Osaka, 3h de Shinkansen pour rejoindre Tokyo, 1h de train pour rejoindre l’aéroport de Narita et encore 9h de vol de Tokyo à Nadi.

Mais avant de passer aux Fidji où la culture et les paysages sont tout autres, j’aimerai revenir sur quelques petits points nippons :

– au Japon quand on a des tatouages, c’est très mal vu. Sûrement dû aux Yakuza, le tatouage est considéré comme un élément rebelle et indécent, et doit être à tout pris caché. La plupart d’entre vous me connaissent et savent que j’ai dans le dos un tatouage d’assez belle taille. Il a beau ne pas ressembler à une carpe ou un dragon, je n’en étais pas moins obligée de le cacher lors des spas, piscines, sources chaudes ou autres bains de vapeurs. C’est à dire coller sur mon dos des plaques « couleur peau » un peu comme un décalcomanie géant. Sauf que pour l’enlever c’était extrêmement compliqué, et on a passé pas mal de longues minutes à me gratter le dos avec des brosses lavantes pour essayer tant bien que mal d’enlever les résidus collants incrustés dans ma peau. Amis tatoués, armez-vous de patience si vous décidez d’aller faire un spa au Japon!

– il n’est pas coutume d’en parler, et pourtant je vais le faire. Un des éléments que j’adore au Japon ce sont les toilettes. Oui oui, vous avez bien compris. Les toilettes au Japon sont absolument géniales. Pour commencer elles sont toujours d’une propreté absolue, même dans le plus reculés des bars miteux. Le japonais qui voyage en France doit être assez dégoûté de s’assoir sur nos cuvettes ignobles. Car au Japon les toilettes sont automatiques, elles s’ouvrent toutes seules, font chauffer la cuvette, tirent la chasse, se nettoient d’elles-mêmes et se ferment à votre départ. Plusieurs petits jets sont à votre disposition pour laver toutes les parties de votre intimité, et on vous propose meme différents bruits afin de cacher les vôtres : cascades, oiseaux, musique ou simplement bruit de chasse d’eau, à vous de choisir dans la playlist spéciale intimité. J’adore.

– une chose que j’ai apprise au Japon : les baguettes se posent toujours perpendiculaires à vous, en bas de vos assiettes, et non pas à droite ou à gauche comme nos couteaux ou fourchettes. Ne surtout pas planter ses baguettes dans un bol de riz, c’est réservé aux rituels pour les morts dans la religion bouddhiste…

– c’est mal vu de se moucher, à tout moment, le pire étant pendant le repas. Par contre renifler, ce n’est pas grave et il vaut mieux ça que de se moucher face à un japonais, qui vous trouvera juste dégoûtant. On s’éclipsera gentiment aux toilettes si l’envie de se moucher nous prend.

– le japonais ne sais pas dire non. Ne lui posez donc surtout pas une question à laquelle il pourrait répondre négativement car il sera bloqué. Il tournera autour du pot pour vous faire comprendre, mais sera gêné et humilié de n’avoir pas pu répondre à votre requête. Posez donc des questions inversées quand vous pressentez que la réponse sera négative, par exemple : « Est-ce que vous ne pouvez pas allez à Tokyo? » Ce à quoi on vous répondra « Oui, je ne peux pas y aller. » Un peu confusant, mais on s’y fait.

– les taxis au Japon sont particuliers : ils ne sortent jamais de leur voiture et ouvrent portière et coffre automatiquement. Attention à ne pas vous-même fermer la porte en partant, c’est à eux de le faire, ça pourrait abîmer le mécanisme de la portière ! A l’intérieur, les sièges sont d’un blanc immaculés, recouverts de dentelle. La climatisation est à fond, et le chauffeur est en costume et gants blancs alors qu’il fait 40 degrés dehors…

– attention à ne pas vous tromper dans les différents chaussons qu’on met à votre disposition : ceux en tissus c’est pour les espaces communs intérieurs hors toilettes, ceux qui ressemblent à des claquettes ou des tongs en bois c’est pour le restaurant ou les parties communes extérieures. Ceux en plastique sont pour les toilettes. Ne partez pas avec, en oubliant de changer de chaussons, vous seriez très mal vus. Et sur le tatami et/ou la chambre, c’est pieds nus ou chaussettes mais absolument aucun chausson n’y est toléré ! C’est un coup à prendre, qui devient parfois un véritable casse-tête.

– une petite serviette blanche, chaude ou fraîche vous sera servie à chaque début de repas. Elle reste à côté de vous durant tout le dîner. On ne s’essuie pourtant pas la bouche avec, surtout pas! Elle sert, après vous être lavé les mains, à nettoyer les petites taches de sauce ou autre que vous pourriez faire sur la table. Bref, considérez-la comme une éponge, plus qu’une serviette.

Il m’est arrivé, en sortant des bains chauds d’Arima, d’apercevoir une serviette comme celle-ci à côté de la machine à thé glacé. Je l’ai instantanément appliquée sur mon visage et ma nuque, son contact frais étant vraiment agréable après tant de chaleur. En la reposant à côté de ma tasse de thé, j’ai vu le regard mi-dégouté mi-amusé d’un père et sa fille me dévisageant. J’ai appris par la suite qu’il s’agissait d’une serviette destinée à nettoyer les éventuelles gouttes de thé issues de la machine, et déjà certainement utilisée 100 fois dans ce rôle par d’autres clients…

– il y a des distributeurs de boissons absolument partout, partout, partout. Dans les parcs, près des temples, dans les hôtels, dans la rue, entre 2 arbres. Au Japon, si on a quelques pièces, on ne peut pas avoir soif !

– la plupart des bars et les restaurants sont encore fumeurs, mais la climatisation très forte fait rapidement oublier l’odeur de cigarette. Ça fait juste bizarre de voir les gens fumer en mangeant en intérieur, on a déjà oublié ce que c’était.

Voilà pour la première partie japonaise, la suite bientôt !

Arima Onsen : ryokan à l’ancienne et sources chaudes

1h30 de car plus tard, nous voici à Arima Onsen, au cœur des montagnes japonaises, dans l’une des plus anciennes stations thermales du Japon.

La légende raconte que le 36eme empereur du Japon, n’ayant pas d’héritier, vint se baigner dans les sources chaudes d’Arima et engendra par la suite un fils qu’il nomma prince Arima.

Ici le dépaysement est total, la ville est un entrelacs de ruelles étroites bordées de boutiques en bois ancien dans lesquelles on peut découvrir des galettes locales, boire un verre de cidre fabriqué sur place (qui ressemble à de la limonade), tester des jouets en bois, visiter un petit temple ou un mini sanctuaire, se tremper les pieds dans une source chaude, acheter un souvenir ou une amulette en forme de chat, et la liste est non exhaustive…

Les japonais aiment ce qui est français, synonyme de chic et de raffinement, mais la traduction est parfois un peu confuse…

On se ballade donc au gré de nos envies en regardant couler sous nos pieds la rivière d’eau chaude, canalisée par des tubes et autres déviations qui emmènent l’eau brûlante vers les Onsen des ryokan.

Mais qu’est-ce qu’un Onsen et qu’est-ce qu’un ryokan?

Un ryokan est une auberge japonaise traditionnelle, c’est à dire que l’on y est plongé comme à l’époque du Japon féodal, aux alentours des années 1850.

La première chose en arrivant est d’enlever ses chaussures et de porter à la place des espèces de chaussons-savates. Une fois les chaussons aux pieds, une jeune femme en kimono traditionnel nous montre le chemin jusqu’à notre chambre. Elle marche très très lentement, mais c’est normal, les consignes sont : pas de bruit, des déplacements légers et délicats, un hochement de tête à chaque passage de convive, bref une douceur et un calme nippon à l’ancienne.

Nous arrivons dans notre chambre, la jeune femme ouvre les cloisons en papier de riz et nous nous déchaussons à nouveau pour monter sur le tatami. Cette fois-ci, nous sommes pieds nus et nous revêtons des kimonos légers, très agréables à porter, blanc pour les hommes, bleu marine pour les femmes.

Attention, si vous comptez aller aux toilettes, il faudra enfiler des mules spéciales en plastiques prévues à l’entrée de la salle de bains. Et gare à vous si vous oubliez de les retirer en sortant des toilettes, vous devez impérativement changer de chaussons car ce n’est pas hygiénique !

Bizarrement, dans la chambre, pas de lit, juste 2 chaises sans pieds posées à même le sol et une grande table basse.

On part explorer les Onsen de notre ryokan, qui sont des sources chaudes intégrées directement dans l’auberge. Ici aussi tout un rituel est prévu. Pour commencer, les hommes et les femmes sont séparés, chacun rejoint son vestiaire.

Dans le vestiaire, on quitte les chaussons mais aussi tous ses vêtements. Je relis plusieurs fois la marche à suivre, car j’étais venue dans l’idée de me mettre en maillot de bain, mais en voyant les autres femmes en tenue d’Adam (enfin d’Eve), et sans aucune pudeur, je n’ai pas le choix. Je passe ensuite dans une seconde salle où il est coutume de se laver, assis sur un petit tabouret en bois, en mettant de l’eau dans une bassine avec du savon et en se rinçant ainsi plusieurs fois.

Ce nettoyage effectué, il faut à présent passer dans un bain à remous très chaud, qui fini le rituel d’assainissement du corps. On est donc fin près pour entrer dans la source chaude. Elle débute en pente douce, de l’eau jusqu’aux chevilles seulement, mais il faut s’y habituer : l’eau est à 42 degrés, c’est extrêmement chaud ! Après quelques picotements, j’avance le long de la pente rocheuse, et l’eau monte de plus en plus. Ça pique, ça brûle, c’est assez désagréable, et puis au final, on ne sent plus vraiment son corps, et quand le niveau de l’eau arrive au dessus de mes épaules, j’ai rejoins le bassin principal où je peux voir Fred dans le même état de souffrance que moi. Il est passé par le même rituel, mais côté homme. Le bassin principal est séparé en 2, mais on peut se voir grâce à un trou dans la roche à hauteur d’yeux.

L’eau est ferrugineuse, donc totalement orange et trouble. Elle est gorgée de fer et d’autres minéraux très bénéfiques pour la peau. La source vient de la roche, les bassins sont donc entièrement en pierre rocheuse noire et avec des « couloirs » en bois de bambou. Attention cependant à ne pas y rester plus de 10mn sous peine d’y fondre complètement… mais honnêtement je ne suis pas sure d’y être restée vraiment plus de 5mn 🥵

L’expérience est finalement appréciable, car l’après baignade est absolument délicieux. Tout le corps flotte dans une douce torpeur, débarrassé de tous ses maux.

18h, il est grand temps d’aller dîner, car les japonais mangent très tôt sont calés sur le soleil qui se lève tôt et se couche tôt (4h-18h à peu près). Nous avons revêtu à nouveau nos kimonos et passons à table pour un dîner traditionnel japonais d’il y a 2 siècles.

Au menu, toutes sortes de mini bouchées présentées dans des bentos, ces petites boites en bois qui se superposent : il y a du poisson, du riz, du radis, des algues, des pickles de toutes sortes de légumes, des crevettes, plusieurs sortes de purées non identifiées, des soupes, différents morceaux de poisson frits, de l’ail (beaucoup d’ail), et du bœuf de Kobe bien évidement !

C’était extrêmement copieux, extrêmement différent de ce qu’on peut trouver en France qui ressemble à un repas japonais, et au final, c’était une expérience autant culturelle que gustative.

Le soir, on est attiré dans la rue par de la musique et des danses et on voit avec plaisir les geishas tourner au son de la voix grinçante d’un vieil homme juché sur une sorte de char…

Typique et étrange, l’ambiance est plutôt conviviale, les boutiques sont encore ouvertes et les gens font des barbecues dans la rue, on sent l’odeur des brochettes de poulet et des fruits de mer mélangée à celle des galettes locales et de la bière.

Les japonais s’affairent autour des sources chaudes, un peu à la manière d’une fête foraine, il y a des stands partout, des lampions et de la musique.

Gênés d’être les seuls touristes en kimonos, on regagne rapidement nôtre ryokan. Dans la chambre, à la place de la table et des chaises, ont été dressés 2 matelas sur des futons. Voilà enfin le lit qu’on cherchait !

Mini halte à Osaka

Nous effectuons une petite halte à Osaka juste pour une nuit avant de rejoindre Arima Onsen.

Nous n’aurons pas le temps de découvrir la ville en détail, alors nous décidons de monter la voir d’en haut, depuis le sommet de la tour Umeda Sky Tower, haute de 38 étages.

La vue est saisissante de nuit comme de jour, et les sushis y sont délicieux !

Et c’est reparti, en car, direction Kobé afin de rejoindre Arima Onsen, la station thermale préférée des japonais !

La cité impériale de Kyoto

De retour à Kyoto, nous partons en direction de son palais impérial, le Kyoto Gosho, qui servit de résidence officielle de l’Empereur jusqu’en 1868.

Depuis, le Gosho n’est plus qu’une résidence secondaire de la famille impériale mais est encore en service lors des couronnements.

Construit en 1789, il fut totalement reconstruit après un incendie en 1854, et se situe au milieu d’un parc de 84 ha.

Le palais est composé de plusieurs bâtiments : le Shinshinden (hall des cérémonies), le Hisahi (salle du trône) et de nombreuses salles d’attentes toutes parées de tatamis, portes coulissantes et fresques murales représentant cerisiers ou tigres selon le grade de la personne qui attend.

A l’extérieur, on voit les appartements de l’Empereur, de l’impératrice et des concubines, ainsi que les résidences des aristocrates et hauts fonctionnaires du gouvernement.

L’ambiance qui y règne, outre la chaleur cuisante et sans ombre de ses grandes allées de graviers, est un dépaysement total et une plongée dans le Japon des années 1800. On se croirait dans un film, et on s’attend presque à voir surgir quelque diplomate en kimonos d’un des recoins des salles d’attente, ouvertes et fraîches, affichant fièrement les couleurs de leurs tentures, sur lesquelles on croit distinguer un vieux sage ici ou un guerrier là.

Salles d’attente :

Nara : un bouddha géant et des daims

Depuis Kyoto, nous partons en expédition pour Nara, sur une journée. Comme on est absolument incapables de dormir le matin après 6h, on se lève tôt pour prendre à nouveau le train direction Nara, qui fut elle aussi capitale du Japon pendant un temps.

À noter pour ceux qui prévoit un jour de se promener au Japon, nous avions acheté précédemment des JR pass, qui nous permettent de prendre n’importe quel train ou presque sur une période de 7 jours de manière illimitée.

La gare de Kyoto :

La ville de Nara est notamment connue pour son immense parc dans lequel on peut admirer entre autres, le somptueux temple de Todai-Ji, et surtout le bâtiment Daibutsu-den, la plus grande construction en bois du monde.

Et il se devait d’être si gigantesque, puisqu’il abrite la colossale statue de bronze du Daibutsu Birushana, un bouddha de 450 tonnes et 18 mètres de hauteur, façonnée en 749. Divers incendies ont fait fondre plusieurs parties du grand bouddha, mais malgré ses ravalements successifs et son homogénéité relative, il reste aujourd’hui d’une majesté impressionnante.

Mais le plus étonnant à Nara, c’est la quantité faramineuse de daims en liberté qui se promènent absolument partout dans le parc. Ils sont sauvages, mais n’ont pas du tout peur de l’homme et se précipitent sur vous pour attraper une petite galette de riz qu’on peut acheter dans un des stands qui jalonnent le chemin jusqu’au temple.

Selon la légende, au moment de la création de Nara, le dieu Takemikazuchi serait entré dans la ville sur le dos d’un daim blanc pour la protéger. C’est la raison pour laquelle les daims de Nara sont considérés comme des animaux sacrés, voire par certains comme des messagers divins gardiens de la ville. Au fil du temps, ils ont fini par devenir un véritable symbole et sont désormais aussi célèbres que le grand Bouddha.

Cet animal est en fait un cerf Sika, une espèce légèrement plus petite que le daim mais qui y ressemble énormément. Amateurs de Bambi, vous serez ravis ! Et attention, la bête est intelligente, puisqu’elle vous attend en embuscade devant les lieux de vente de ses gâteaux de prédilection pour se ruer sur vous dès qu’ils arrivent dans vos mains innocentes…

Attention à vos doigts donc, et si vous tentez un selfie avec un de ces daims, ne le prenez pas par le cou, il n’aime pas vraiment ça. Fred en a fait les frais en se faisant gentiment mordre à l’épaule par un daim qui n’a pas supporté tant de proximité, provocant chez moi un fou rire aux larmes qui dura une bonne demi-heure…

Poursuite…Bisou puis morsure…Rancœur et méfiance…

Chambre traditionnelle et tepanyaki

De retour de notre promenade, c’est dans une chambre traditionnelle que nous séjournerons 2 nuits. Ce n’est pas tout à fait un ryokan (auberge traditionnelle japonaise), mais nous dormons pour la première fois sur un futon. Et c’est très confortable.

Et comme on n’est pas du genre à se laisser abattre, nous avons choisi cette fois-ci de goûter à la cuisine tepanyaki.

Le principe : un chef cuisine des produits frais sur une plaque chauffante devant nous avec un maniement tout particulier de spatules et couteaux, ainsi que quelques effets pyrotechniques impressionnants.

On goûte au bœuf wagyu, ce fameux bœuf nourrit à la bière et massé chaque jour afin d’obtenir une chair persillée, c’est à dire mélangée avec de fines traces de graisse, qui, une fois cuite, donnera à la viande une onctuosité et un fondant hors du commun. D’ailleurs, on ne nous donne pas de couteau, la chair est si moelleuse qu’un coup de baguette suffit à la couper en deux.

Foie gras poêlé et aubergines grillées.Soupe d’oursins.Amuse bouches toute en délicatesse, crevettes, sushis et soupe de maïs.Homard aux tomates et radis.Soupe de udon froide aux œufs et bacon.Dessert aux fruits et glace coco.

Et puis le saké pour accompagner tout ça bien entendu!

Kyoto et ses temples

Direction Kyoto à bord du Shinkansen, le fameux train japonais très grande vitesse.

2h20 et 450km plus tard, nous sommes à Kyoto, cinquième ville du Japon et ancienne capitale du pays. Ici, c’est le Kansai, foyer historique, culturel et économique, situé entre la mer du Japon et l’océan Pacifique.

Nous commençons par nous promener dans ses rues, entre traditionnelles maisons de bois, câbles électriques et grandes artères, jusqu’au quartier de Gion, l’endroit idéal pour croiser une geisha ou une maiko, ces merveilleuses dames de compagnie japonaises, garantes des traditions et de la culture depuis des générations.

Elles sont très discrètes et passent souvent inaperçues parmi les japonais habillés de kimonos traditionnels. On peut les reconnaître à leur coiffure compliquée et leur visage fardé de poudre de riz. Nous n’aurons pas le plaisir d’en rencontrer cette fois-ci, mais les occasions ne manqueront pas.

Entrée du temple Jodo-Shu, malheureusement déjà fermé à notre arrivée.

Nous arrivons sur le site de Yasaka-jinja, un sanctuaire shinto aux magnifiques couleurs orangées. Considéré par les habitants de Kyoto comme le gardien du quartier de Gion, il fut fondé en 876 et reconstruit plusieurs fois à l’identique.

Il faut faire sonner la cloche tout en formulant une prière.Les plaques de bois, les ema, destinées à recevoir les prières et vœux des croyants sont à nouveau accrochées devant ce temple.Ce ne sont pas des geishas mais des japonaises en tenue traditionnelle qui immortalisent les glaces aux couleurs vives qu’elles ont acheté il y a quelques minutes…